Groupe 4 14-18 : la commémoration

De TP INTD.

Sommaire

Groupe et objectifs

2014 marque le centenaire du début de la première guerre du 20ème siècle. Expositions, colloques, films, livres, manifestations en tous genres sont d'ores et déjà prévus...
Notre groupe réfléchit à la forme inédite que prend la commémoration du centenaire de cet épisode marquant de nos histoires collectives et individuelles  : quel message porte cette nouvelle commémoration ? Quel sens prend ce devoir de mémoire dans notre société du XXI e siècle ? Alors qu'aucun poilu n'est plus là comment interroger les archives pour témoigner ?

Fabienne Bloch

Elisabeth Demolombe

Inès Laporte

Odile Mérinis

Mélanie Perceval

Le centenaire : un changement de modèle

Joseph Zimet, dans le rapport officiel [1]qu'il remet au Président de la République en septembre 2011, précise les orientations de la nouvelle commémoration. Il propose un modèle totalement inédit.

  • La commémoration s'étend sur quatre ans, de 1914 à 1918, avec quatre séquences bien distinctes.
  • Elle s'appuie sur un "boom mémoriel". A la différence de la commémoration du cinquantenaire, où c'est le chef de l'Etat, en l'occurence le général de Gaulle, qui portait les célébrations au nom de la nation, le centenaire veut impliquer la société tout entière. Il s'agit d'un "rendez-vous de tous les Français avec leur histoire".

La mémoire collective n'est plus unique, mais composée de l'agrégation d'une multitude de mémoires propres à des communautés, des territoires.

  • Le centenaire privilégie le partenariat entre l'Etat et les collectivités locales auxquelles l'Etat passera le relais pendant la troisième séquence plus longue de la commémoration, de 2015 à fin 2018.
  • Le centenaire revêt une dimension internationale. Tous les Etats impliqués dans la grande Guerre seront associés à l'organisation des manifestations et développent sur leur propre sol, de manière concertée, différentes commémorations.
  • L'aménagement local et le développement économique, notamment avec le "tourisme de mémoire", sont mis en avant.
  • La dimension culturelle est centrale, avec de très nombreuses créations, expositions...


La commémoration : souvenir des conséquences de la guerre, ici et ailleurs

  • Des conséquences humaines, matérielles et géopolitiques, collectives et individuelles
  • L'importance de construire une relation réelle et désormais solide: établir un nouveau lien franco-allemand
  • Quelles modalités du souvenir en Allemagne ? La commémoration elle-même est controversée
  • L'évolution vers une Histoire intégrant la recherche scientifique

Pour Antoine Prost, plutôt que la question, que sait-on de nouveau sur la Grande Guerre aujourd'hui, il faudrait plutôt dire, quelles nouvelles questions se posent aujourd'hui les historiens à partir du temps présent.[2]

La commémoration : "boom mémoriel"

Chaque année, 500 000 personnes se rendent à Verdun, dont 100 000 visitent le mémorial. La "grande guerre" est entrée dans l'histoire populaire car elle touche chaque famille française. Le centenaire de la guerre de 14-18, qui débutera en 2014, va être l'occasion de nombreux évènements nationaux et locaux.

Déjà, la "grande collecte" organisée entre le 6 et le 16 novembre 2013 a rassemblé des milliers de contributeurs, dans une centaine de points de collecte, qui sont venus apportés leurs documents et objets familiaux. La majorité de ces contributeurs sont les enfants et petits enfants des poilus, c'est-à-dire ceux qui sont nés entre 1920 et 1960.

Attention, la grande collecte ne permettra pas de numériser l'ensemble des sources familiales. Il s'agit pour chaque contributeur de choisir, à l'aide d'un bibliothécaire ou archiviste, une sélection de quelques documents marquants.

Autre solution pour les contributeurs : s'enregistrer sur le site Europena pour y déposer des documents et participer ainsi à la grande collecte numérique européenne. http://www.europeana1914-1918.eu/fr

La commémoration : acte civique et éducatif

Plusieurs échelons administratifs sont mobilisés pour organiser cette commémoration:

  • L'échelon national avec la création en 2012 de la Mission du Centenaire,groupement d’intérêt public interministériel (Affaires Etrangères,Défense,Culture et Communication, Education Nationale, Tourisme,Intérieur, Enseignement Supérieur et Recherche), qui est chargé d'organiser les temps forts du programme commémoratif du centenaire.
  • L'échelon régional avec les comités régionaux du tourisme
  • L'échelon académique avec le réseau du Centre National de Documentation Pédagogique et ses référents "mémoire et citoyenneté".
  • L'échelon départemental avec les comités départementaux du centenaire, qui sont chargés de coordonner sous l'autorité des préfets, l'action des services déconcentrés de l'Etat, les collectivités territoriales et les associations.
  • L'échelon communale avec le comité des maires du centenaire.

Plusieurs actions de soutien aux initiatives ayant un lien avec la commémoration ont été mises en place:

  • Le "label centenaire" attribué par la mission du centenaire permet de distinguer les projets "innovants et structurants pour les territoires" ce qui leur permet de figurer sur le programme officiel des célébrations et d'être éligibles au financement par la mission.
  • Le soutien aux territoires désireux d'être inscrits au "patrimoine mondial de l'humanité" par l'UNESCO au titre de paysages et sites de mémoire de la guerre de 14-18.
  • La "Grande Collecte" en Novembre 2013 s'adresse à tous les européens détenteurs d'archives familiales qui peuvent les faire enregistrer sur la base de données Européana 14-18.
  • Les comités académiques du centenaire mobilisent la communauté éducative autour de concours comme celui des PAM, "petits artistes de la mémoire" en Primaire, ou en appelant les enseignants à participer à la collecte des archives familiales, à la réalisation de sites internet ou de manuels binationaux.

Cette commémoration ne va pas cependant sans soulever déjà un certain nombre de problèmes:

  • Dès son origine, elle fut associée par le Président de la République à la commémoration des 70 ans de la Libération de la France en 1944, commémoration pour laquelle il reste des témoins vivants. Cette volonté présidentielle va dans le sens de commémorer "tous les morts" de la nation française. Des voix se sont immédiatement élevées contre cette initiative qui rejoint pourtant celle de 1954, quand De Gaulle voyait entre 1914 et 1944, une "guerre de trente ans".
    • des élus tout d'abord, s'inquiétant du risque de "brouiller" les messages et les événements distincts dont il est question.
    • des historiens ensuite qui ne comprennent pas cette association.
  • Certaines voix s'élèvent contre le peu de place réservé aux "tirailleurs sénégalais", aux colonisés combattants pour la France.
  • Enfin, une autre polémique apparaît avec la mention des "fusillés" de 14-18, déserteurs passés par les armes pour trahison et que le Président de la République lui-même voudrait voir associer à cette oeuvre de mémoire en l'honneur des "morts pour la France".

Notes et références

  1. [1],septembre 2011.
  2. [2],Pourquoi les français se passionnent aujourd'hui pour 14-18 ?

Pour aller plus loin

Diigo Centenaire de la grande Guerre

Scoop-it Commémoration du Centenaire de la Grande Guerre

Blog Centenaire de la Grande Guerre

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