Jean Legras

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Jean Legras (juillet 1914 - janvier 2012) est le fondateur historique de la thématique informatique à l'Université de Nancy.[1]

Ancien élève de l'École normale supérieure, il est professeur en mécanique rationnelle à la faculté des sciences de Nancy[2] dans les années 50. Il introduit l'analyse numérique au département de Mathématiques et enseigne le calcul numérique aux élèves ingénieurs des écoles de Nancy[3]

En 1957, il obtient un IBM 604 (machine programmée par un tableau de connexions avec 12 mots de mémoire) et demande à une étudiante de son cours de mécanique rationnelle, Marion Créhange, de démarrer avec lui l'utilisation de cette machine. À la rentrée d'automne 1958, avec Jean Delsarte, Jean Legras obtient la création d'un cours de troisième cycle «Analyse et calcul numérique» avec quatre étudiants et commence à y enseigner l'utilisation des machines électroniques[4].

En octobre 1959, il crée un centre de calcul autour d'un ordinateur IBM 650. Cette structure attire de nouveaux enseignants chercheurs et notamment Claude Pair qui fondera le CRIN (Centre de recherche en Informatique de Nancy) qui deviendra ultérieurement le Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA).

En février 1965, il fit l'acquisition d'un ordinateur français, le CAE 510, puis en février 1970, d'un CII 10070. Ce changement d'échelle l'amena à créer une structure inter universitaire, l'IUCAL (Institut universitaire de calcul automatique de Lorraine), qui deviendra le Centre interuniversitaire de ressources informatiques de Lorraine (CIRIL) dans les années 80.

En 1973, il quitte la direction de cet institut, pour se consacrer exclusivement à la recherche et à l'enseignement en analyse numérique et optimisation.

Un précurseur du numérique

Dans l’introduction de son livre sur la résolution des équations aux dérivés partielles, publié en 1956, il exprime un point de vue en forte distanciation avec le bourbakisme mais qui apparait comme très visionnaire à la lumière de la révolution du numérique.[5]

« L’ingénieur, le physicien se trouvent souvent devant les problèmes que les mathématiciens classiques n’ont pas pu résoudre. Il leur faut alors, ou renoncer à l’emploi de l’outil mathématique, ou utiliser des méthodes moins strictes, que réprouvent les mathématiciens, mais qui sont seules capables de les dépanner. Il est alors indispensable que l’ingénieur, le physicien et tous ceux qui s’occupent de mathématiques appliquées, soient capables de se dégager du complexe inhibitif de rigueur que leur a imposé leur éducation, et qu’ils osent se lancer à l’aventure : la vérification expérimentale sera là pour leur crier casse-cou le cas échéant. »

Bibliographie

  • Jean Legras Contribution à l'étude de l'aile portante Thèse, Paris, 1946
  • Jean Legras Algorithmes et programmes d'optimisation non linéaire avec contraintes -Paris : Masson, 1980.

Voir aussi

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Liens externes
Sources
  1. Dans sa version actuelle, cette page est principalement construite à partir de la page correspondante sur Wikipédia |url=http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jean_Legras&action=history
  2. Daniel Barlet et Jean-Louis Clerc Interview (presque réelle) des deux derniers directeurs de l’Institut Élie Cartan in '1903 - 2003 Un siècle de mathématiques à Nancy
  3. Michel Grossetti et P. Mounier-Kuhn, "Les débuts de l’informatique dans les universités françaises, Un début de différenciation géographique des pôles universitaires français", in Revue Française de Sociologie XXXVI, n°2, pp.295-324[1]
  4. Pierre Lescanne, :LA SCIENCE INFORMATIQUE EN LORRAINE en ligne sur le site de l'ENS Lyon.
  5. Voir l'article d'André Renaud édité en 2003 dans le « Pays Lorrain »,
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